PIERRE DE COUBERTIN

Fondateur des JO


MYSOGINIE

OLYMPIQUE


RAPPORT SUR L’ÉVOLUTION DE LA PARTICIPATION

DES ATHLÈTES FÉMININES AUX JEUX OLYMPIQUES

DE LEUR CRÉATION À AUJOURD’HUI


Les femmes ont longtemps eu interdiction de participer aux
épreuves sportives des Jeux Olympiques. Progressivement,
discipline par discipline et pays par pays, leur présence
augmente.
Aujourd’hui lorsqu’un nouveau sport arrive en compétition
il est intégré à la fois pour les hommes et pour les femmes
mais il a fallu du temps pour en arriver là.


Au XIX ème siècle, les professionnels de la santé
en Europe occidentale et en Amérique du Nord
affirment que le corps féminin est régi par un
degré d'énergie
déterminé pour toutes les
actions physiques, mentales et sociales
et que
les filles devraient conserver leur énergie pour
leur procréation.

« L’IMPORTANT C'EST DE PARTICIPER »


L'AUTEUR DE CETTE CÉLÈBRE PHRASE, PIERRE DE COUBERTIN, N’Y INCLUE
BIEN EVIDEMMENT PAS LES FEMMES, QU’IL CONSIDÈRE COMME ÉTANT
« INADAPTÉES POUR PRENDRE PART À L’EXERCICE PHYSIQUE VIGOUREUX »


« Le rôle de la femme reste ce qu’il a toujours été : elle est
avant tout la compagne de l’homme, la future mère de famille,
et doit être élevée en vue de cet avenir immuable »

Pierre de Coubertin - Notes sur l’éducation publique (1901 - Hachette XVII) et « Textes choisis » (I - page 261)


Au cours des 2 premières décennies du XXe siècle, les sports
pour les femmes occidentales
ont gagné en popularité et un
nombre croissant de compétitions ont été organisées, souvent
avec le soutien des hommes. Cependant, le Comité international
olympique
(CIO), dont Pierre de Coubertin est le président, a
tout de même le pouvoir ultime de décision. Les évènements
(encore peu nombreux) sont donc “adaptés” aux femmes et
“non-officiel”.


Tout au long de l'histoire des Jeux Olympiques, il y a eu de
nombreux moments clés dans les luttes des femmes pour obtenir
une plus grande égalité avec les hommes
. Un groupe de femme
Européenne et Américaine fonde en 1921 la Fédération Sportive
Féminin Internationale (FSFI) et organise une compétition
internationalen d'athlétisme féminine. Malgré le succès de ces
évènements,le CIO refusera jusqu’en 1928 d’inclure l'athlétisme
féminin dans les Jeux
.


L’implication des femmes dans les différentes épreuves des Jeux Olympiques est donc le résultat d'années
de luttes, de boycotts, de négociations difficiles et de décisions très controversées.


Cette amélioration dans l’inclusion des femmes au sein des différentes disciplines cache encore un grand
déséquilibre de parité entre le nombre d’athlètes hommes et femmes. Par ailleurs, certains sports ne
respectent toujours pas la parité comme la lutte gréco-romaine, toujours réservée aux hommes et la
natation synchronisée ainsi que la gymnastique rythmique qui sont des épreuves dédiées aux femmes alors
que des équipes masculines existent et demandent à participer à la compétition.


De plus en plus de femmes de pays et de milieux divers participent aux épreuves olympiques mais certains
pays limitent ou empêchent la participation des femmes au sport. C’est le cas notamment,comme on peut le
voir sur cette carte, des pays Arabes.


LA PARTICIPATION DES ARABES
AUX JEUX OLYMPIQUES


Avant l'an 2000, aucun pays du CCG (Conseil
de Coopération du Golfe, qui regroupe : l’Arabie
Saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats
Arabes Unis et le Qatar) n'avait de femme dans
son équipe
. Alors que les sportives occidentales
se sont forgées de plus grandes opportunités
olympiques pendant de nombreuses années et sont
plus proches de l'égalité avec les hommes que
jamais
,les femmes arabes sont à un stade plus
précoce dans leur quête de reconnaissance
.


Le sport pour les femmes doit faire partie intégrante de la
vie et de la culture de ces pays
, d'abord pour la santé et
le bien-être, mais aussi pour former une nouvelle génération
de jeunes femmes sportives talentueuses qui aura un potentiel
olympique. Pour cela elles ont tout d’abord besoin d'accéder à
une infrastructure sportive moderne dotée d'installations, d'un
encadrement et de possibilités de compétition comparable aux
autres pays
. En effet, les femmes arabes revendiquent leur
participation aux jeux et elles veulent avoir le droit de porter
des vêtements de sport
qui sont modestes et qui ne révèlent pas
le corps
.


Les fabricants conçoivent donc des vêtements
spéciaux
qui couvrent les bras, les jambes et la tête,
ce qui donne lieu à de grandes discussions au CIO,
notamment à Londres en 2012, pour la judoka Wojdan
Shaherkani qui portera finalement un couvre chef modifié.
Plus récemment, Nike a crée un hijab pour la patineuse Zahra
Lari
lors d’une compétition internationale. Si beaucoup de
filles n’osent pas se lancer dans le sport
car elles ne
savent pas quoi porter
, les grandes marques saisissent cette
opportunité
pour proposer des tenues adaptées, qui aideront
certainement beaucoup de femmes à intégrer la compétition.

La misogynie olympique a donc bien perdue du terrain mais les efforts doivent être poursuivis pour assurer une plus grande parité dans toutes les disciplines et dans tous les pays. Si le nombre de femmes athlètes aux Jeux olympiques commence à approcher les 50%, et que tous les nouveaux sports contiennent des épreuves féminines, on peut encore espérer de nouvelles améliorations.

Plus d’épreuves où les femmes affrontent individuellement les hommes ou plus d’équipes mixtes aideraient à chasser cette image archaïque de la femme « procréatrice », non adaptée à l’exercice physique. Seule la voile et les épreuves équestres ont déjà proposé cela.

Quelques disciplines vont devenir mixtes à partir de 2020...Mais « la bataille des sexes », comme le nom de ce célèbre match de tennis durant lequel Billie Jean King a battu Bobby Riggs en 1973, ne fait que commencer !